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le vélo au quotidien


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J’ai testé pour vous… la Chaucidou de la route de Rouen

Par Anne Siron

Chaussidou ou chaucidou

signifie « chaussée à circulation douce », ou “chaussée à voie centrale banalisée” dans le jargon des techniciens de la mobilité. Cette invention vient de Suisse, on le voit aussi très souvent aux Pays Bas où la plupart des petites routes de campagne sont aménagées de cette façon.

De loin on se croirait sur une rue avec des bandes cyclables de chaque côté. Mais à y regarder de plus près, la peinture est moins épaisse que pour de vraies bandes cyclables, et il ne reste qu’une voie de circulation automobile au milieu de la voie, les automobiles pouvant se rabattre sur le côté « cyclable » latéral lorsqu’un autre véhicule vient en face, si bien sûr, il n’y a pas de cycliste présent sur le côté cyclable. Sinon les automobiles attendent derrière le cycliste.

Ce type d’aménagement est réalisé lorsqu’il n’y a pas assez de place pour faire de vraies voies cyclables. L’avantage par rapport à une voie sans aménagement est que du fait de la peinture matérialisant au sol l’espace de circulation des vélos, les voitures respectent le plus souvent cet

espace « vital » et ne frôlent pas le cycliste comme cela peut arriver souvent. De ce fait, les cyclistes se sentent un peu plus protégés. Après une phase d’adaptation des automobilistes, on peut dire que cet aménagement fonctionne plutôt bien.

Deux réserves importantes :

– la distance assez courte sur laquelle est aménagée la chaucidou, une petite moitié de la route de Rouen, et la diversité des aménagements cyclables tout au long de la route de Rouen (voie verte/trottoir partagé au niveau de l’esplanade Branly, puis plus rien, puis chaucidou, puis bande cyclable, puis plus rien, puis un carrefour cyclable sur trottoir au croisement avec les boulevards extérieurs) rendent l’ensemble peu intuitif.

– le dispositif devient inopérant sur une voie très chargée en véhicules. Les quelques moments où le bas de la route de Rouen est sujette à l’embouteillage le prouvent : les voitures se rangent sur les côtés cyclables et les vélos ne peuvent plus passer.

En conclusion, aménagement intéressant sur des voies pas trop fréquentées, sur des distances assez courtes et qui ne doit pas être un prétexte au non-aménagement de pistes cyclables continues et sécurisées. Une nouvelle chaussidou a depuis été aménagée rue du Bel air, une voie qui s’y prête certainement davantage au vu de son volume de circulation moindre (mais qui devrait certainement encore être diminué ;). Nous regrettons cependant que nos propositions d’aménagement d’écluses pour les voitures en entrée et sortie n’ait pas été retenues !

Photo CEREMA.


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Amiens, une ville à 30 ?

La ville d’Amiens a annoncé le passage à 30 km/h dans l’ensemble des rues de l’intérieur du centre-ville. Cette annonce, motivée par le souhait de faire plus de place aux modes doux, est une bonne nouvelle que nous saluons.

30 km/h

Photo Sandra Hoj Flickr

Cette mesure est nécessaire mais non suffisante à elle-seule pour créer les conditions d’une mobilité durable donnant la priorité aux piétons et cyclistes. Elle doit être rapidement complétée par :

  • l’extension des zones à 30 km/h aux intérieurs des faubourgs et quartiers amiénois,
  • l’empêchement du trafic motorisé de transit dans ces zones apaisées,
  • la mise à double-sens cyclable généralisée (voir aussi le Nota Bene s’y rapportant en fin d’article!)
  • le déploiement de panneaux de «󠆏 Cédez-le-passage cycliste au feu », adopté dans le Code de la route depuis 2010.

Les axes principaux de circulation, accueillant la circulation motorisée de transit, à la vitesse et au trafic plus élevés, doivent être pourvus de pistes cyclables, afin d’assurer un réseau cyclable continu et sécurisé à l’échelle de l’agglomération.

Enfin, nous serons attentifs aux moyens déployés afin de respecter ces limitations de vitesses, de grands excès de vitesse étant régulièrement constatés aujourd’hui.

Nota Bene : le DSC plus en détails.

Le code de la route prévoit à l’article R. 412-28-1 que « lorsque la vitesse maximale autorisée est inférieure ou égale à 30 km/ h, les chaussées sont à double sens pour les cyclistes sauf décision contraire de l’autorité investie du pouvoir de police ». La mise en conformité de la signalisation est nécessaire avec a minima une pose obligatoire d’un panonceau M9v2.

Nous estimons qu’aucune décision d’exception au double-sens cyclable n’est ici nécessaire, et qu’en fonction des situations rencontrées la signalisation réglementaire devra être complété d’une signalisation horizontale, d’une suppression de place(s) de stationnement ou de l’aménagement d’un court séparateur aux intersections.


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Le cahier de doléances des cyclistes

imageFace aux trop nombreux désagréments rencontrés par les cyclistes lors de leurs trajets dans Amiens métropole et face à un manque criant d’écoute de la part de la municipalité, Véloxygène a décidé d’ouvrir un cahier de doléances.

Nous déplorons grandement l’oubli des cyclistes lors des travaux du BHNS, alors qu’il s’agissait là d’une occasion en or pour transformer la ville et l’adapter au vélo !

Vos remarques viendront s’ajouter à toutes celles que nous formulons au long de l’année et constitueront une base solide de travail dans l’optique de la rédaction du Plan Vélo que l’association est en train de préparer et qu’elle soumettra aux futures listes candidates aux élections municipales de 2020.

Citoyens et cyclistes, exprimez-vous :


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Avenue de la commune de Paris : un (mauvais) aménagement cyclable, et après ?

Les travaux de l’avenue de la commune de Paris, axe structurant à l’échelle du quartier mais aussi d’importance métropolitaine (liaison nord-sud de l’ouest d’Amiens), sont sur le point de s’achever. C’est malheureusement un rendez-vous manqué pour le vélo, avec des aménagements prévus qui n’aideront pas à développer significativement la part de déplacements effectués à bicyclette.

Les vélos seront incités à circuler dans les couloirs de bus, malgré leur largeur qui ne permettra pas les dépassements. Les choix d’aménagement de la métropole privilégient en effet la création de 36 places de stationnement de par et d’autre de la chaussée. L’espace public ainsi dédié au stationnement est comme privatisé aux profits des seuls utilisateurs d’automobile, à rebours de toute ambition de mobilité durable.

Pourtant, pour un budget similaire, une attention forte aurait pu être donnée aux mobilités actives et collectives avec :

  • une largeur des trottoirs conservée voire augmentée ;
  • la création d’une large piste cyclable bidirectionnelle séparée ,
  • des couloirs de bus en sites propres ;
  • le maintien d’une circulation automobile en 2 fois 1 voie ;
  • la matérialisation d’une seule banquette de stationnement pour un total d’une vingtaine de places ;
  • une priorité donnée aux modes actifs puis aux transports en commun dans la proximité aux commerces à l’ouest de la chaussée.

Nous défendons ces choix, car la marche, le vélo, les transports en commun se doivent d’être priorisés pour mener une politique de mobilité qui concilie efficacité, bonne gestion des finances publiques, qualité de vie environnementale et respect de nos engagements climatiques.

Pour ce qui concerne les choix effectués en faveur du vélo, ils répondent aux demandes de pistes cyclables séparées du trafic motorisées exprimées par les cyclistes d’aujourd’hui et non cyclistes qui pourraient être aussi ceux de demain dans l’enquête récente menée par la FUB. Une généralisation de ces aménagements sur les axes structurants de notre agglomération est nécessaire à la croissance significative de la part modale du vélo, et pour le vélo comme pour d’autres modes c’est bien la réalisation de l’infrastructure de qualité qui précède son utilisation.

L’objectif affiché par le Président d’Amiens Métropole de 200 kilomètres d’aménagements cyclables en 2020 sonnera creux si la qualité et la continuité des itinéraires cyclables ne sont pas au rendez-vous. Il est encore temps d’écouter les usagers et leurs représentants !

Annexe :

Les spécificités de la chaussée :

– Largeur minimale de la section en question d’après les plans d’Amiens Métropole de 22,6 m

– Largeur maximale (au niveau des arrêts de bus) de 24,5 m

– Un axe structurant à l’échelle du quartier mais aussi d’importance métropolitaine (liaison nord-sud de l’ouest d’Amiens)

Les choix d’Amiens Métropole :
– Création de 36 places de stationnement automobile
– Création de couloirs de bus qui accueilleront également la circulation des vélos malgré une largeur qui ne permettra pas les dépassements
– Trottoirs de 2 m de large et aménagement paysager.


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Amiens, les résultats détaillés du Baromètre des villes cyclables

Véloxygène remercie les 869 personnes, cyclistes ou non, dont la réponse a été retenue sur les 871 ayant participé au Baromètre des villes cyclables sur le site Parlons-Vélo.fr (une réponse n’a pas été retenue lorsqu‘une même personne a répondu plusieurs fois à l’enquête).

Amiens, comme la plupart des villes françaises, doit réaliser des efforts significatifs pour permettre à ses habitants de se déplacer à vélo confortablement et en sécurité.

Vous avez donné à Amiens la note de 2,64/6  “défavorable

Le 16 mars au Congrès de la Fub ont été publiés les résultats ville par ville du Baromètre des villes cyclables. Les résultats pour Amiens montrent une marge de progrès indéniable.

Le 16 mars au Congrès de la Fub ont été publiés les résultats ville par ville du Baromètre des villes cyclables. Les résultats pour Amiens montrent une marge de progrès indéniable.

Pour rappel, l’enquête Baromètre des villes cyclables, organisée par la fédération des usagers de la Bicyclette, était accessible en ligne sur parlons-velo.fr pendant trois mois, de septembre à novembre 2017. Plus de 113 000 contributions ont été enregistrées, seules les communes ayant récolté un minimum de 50 réponses ont pu être classées pour cette première édition du Baromètre. Elles sont divisées en cinq catégories selon la démographie. Amiens fait partie de la catégorie des villes de 100 à 200 000 habitants


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Au niveau national,

dans sa catégorie, Amiens se place à la 20ème place sur 29 villes. Lire la suite